Le sport en Irlande : les dessous des jeux gaéliques
Aux beaux jours, on est ravi de revoir le Soleil …  c’est inévitable, l’esprit se tourne naturellement vers le sport, et chez nous en Irlande, vers les jeux gaéliques. Pour en savoir plus, nous avons demandé au journaliste et grand fan de sport Paul Rowley, de nous révéler les secrets de ces incroyables jeux…

Photo d’Arran Graffin de l’équipe d’Antrim et de Conal Keaney de Dublin jouant au hurling. Photo : Stakeholder Media
Pour les néophytes, le hurling est une sorte de croisement entre un match de hockey et une bagarre de saloon.
Ils n’ont pas tort, car le hurling c’est tout à fait ça ! Ce sont les Celtes qui, il y a trois mille ans, ont amené avec eux ce sport sur nos rives. C’est actuellement le sport d’équipe qui jouit de l’évolution la plus rapide au monde. Le jeu consiste à attraper et à frapper un « sliotar » (petite balle dure en cuir) avec un « hurley » (bâton). Attraper le sliotar, qui atteint une vitesse de 150 km à l’heure, équivaut à attraper un météore en  plein vol, mains nues. L’objectif est de faire passer le sliotar entre les montants d’une barre transversale pour obtenir un point, ou sous la barre transversale tout en déjouant le gardien de but pour remporter trois points. Quand à l’aspect « combat » du jeu, une seule règle : la passion ! C’est bien simple, le dévouement d’un joueur se mesure au nombre de dents qu’il a perdues ! Le « camogie » est le sport équivalent (et tout aussi féroce) pour les femmes.

Rencontre de football gaélique à une finale du championnat national de l’All Ireland, Croke Park, Dublin
Un jeu de football où quand il y a main, il n’y a pas faute
Le football gaélique a des origines lointaines et s’apparente au « caid » qui était un sport médiéval. Le football gaélique adopte le même barème de points que le hurling, mais se joue sans bâton et avec une balle un peu plus grosse. Le caid et le hurling se jouaient l’un et l’autre, sans terrain, en rase campagne, compétition pour le moins chaotique ; en effet le nombre de joueurs était illimité et des communautés entières de villages voisins s’affrontaient pendant des heures, voire des jours entiers pour tenter de faire passer le ballon au-delà des limites de leur paroisse.
Il ne s’agit pas d’un sport ordinaire où des chasseurs de tête débarquent avec de l’argent plein les poches afin de recruter les joueurs pour l’opposition une équipe concurrente…
Ce qui caractérise la magie de ce sport, c’est qu’il s’agit totalement d’un sport d’amateurs. Que ce soit les joueurs, les managers ou des personnes qui entretiennent les terrains, personne n’est payé pour faire ce qu’ils font. Quand on pense à ce championnat qui se joue tout au long de l’année et qui rassemble autant de personnes, quoi de plus extraordinaire que cette passion pure et ce dévouement à toute épreuve pour ce sport ! Que l’on ne s’étonne donc pas si l’atmosphère de ces rencontres est chargée à bloc.
Les jours de match comptent parmi les plus stressants, mais aussi les plus étonnants de toute l’année !
Lorsque le championnat touche à sa fin, les jeux se déplacent à Croke Park et l’enthousiasme s’empare des rues de Dublin. Puis, le match commence : deux équipes de 15 joueurs chacune s’alignent pour s’affronter sur un immense terrain et, dans bien des cas, ils n’hésitent pas à se lancer des rictus hargneux. Un match, c’est 80 minutes torrides d’excitation, à être rivé à son siège et à se ronger les ongles jusqu’au sang et à être tenu en haleine. Et en un instant, tout est fini. On pleure à chaudes larmes, de joie ou de tristesse, puis on s’éparpille en arborant les couleurs de son comté avec fierté.
Y-a-t-il une boutique de souvenirs qui vend des dents de joueurs en trophée ?
Il vous faudra passer le terrain au peigne fin pour vous procurer un souvenir de ce genre !
Les matchs de championnat se jouent de mai à septembre et on peut se procurer des billets sur le site de la GAA ou sur Ticketmaster.ie.
