Les grands voiliers font route vers Waterford
A l’heure où, une fois de plus, ces incroyables grands voiliers se préparent à mouiller au port de Waterford, David Power, invité à notre blog, rappelle les images, les sons et les saveurs de la mer qui seront à l’honneur pendant ces quatre journées très spéciales.
Ce n’est pas tous les jours que l’on découvre que sa ville s’est métamorphosée en décor de Pirates des Caraïbes. L’été 2005, c’est exactement ce qui s’est passé dans ma ville natale de Waterford. Et ces grands voiliers n’ont pas manqué de laisser leur marque.
Depuis leur passage, chaque fois que j’entre dans un pub, une boutique ou un restaurant, les gens se penchent par-dessus le comptoir, les bras en l’air, afin de recréer le moment où les mâts se sont majestueusement profilés à l’horizon et où Waterford s’est faite demeure de tous les Barbes Noires et boucaniers du monde et s’est mise à résonner de chants de matelots. Bonne nouvelle : pendant quatre jours à partir du 30 juin, on remet ça ! Les quais de Waterford accueilleront alors plus de 70 merveilles nautiques, en effet, les grands voiliers feront leur petit bonhomme de chemin pour honorer notre station balnéaire.
Je pourrais vous dire que ces quatre jours sont le théâtre d’un festival de musique (je suis extrêmement heureux de voir la rockeuse Imelda May chanter à coeur joie), de gastronomie et de feux d’artifice et je serais loin de mentir ! Mais ce sont les sons, les saveurs et les images qui restent gravés dans ma mémoire comme un album de tubes de l’été. Et donc, au cas où vous auriez décidé de suivre mes conseils et de mettre le cap sur Waterford à temps pour voir ce dont je parle, voici un petit aperçu…
Sons
Je dois avouer ne pas du tout avoir le pied marin. En fait, ma seule expérience réelle de la mer est celle d’avoir pris le ferry, lorsque j’avais six ans, et d’avoir dormi pendant toute la traversée. Mais je viens de découvrir ce que j’ai raté, le claquement, si romantique, des voiles qui volent au vent. Lorsque ces grands voiliers pointent à l’horizon, l’excitation augmente, la foule se laisse envahir par des cris de joie, on hisse les enfants sur les épaules de papa pour qu’ils puissent mieux voir. Et malgré la clameur, tout ce que mes oreilles entendaient, c’était ce délicieux claquement des voiles battant doucement contre le mât. C’est assez pour transformer tout homme en matelot aguerri…
Saveurs
Des fruits de mer, encore des fruits de mer, toujours des fruits de mer ! Naturellement, je suis partial, mais c’est à Waterford qu’ils sont les meilleurs du monde. Je me souviens d’être arrivé sur la promenade et de m’être laissé ensorceler par une odeur de crevettes à l’ail qui m’a amené directement à l’étal de fruits de mer où j’ai franchi une porte imaginaire pour pénétrer au paradis culinaire. Bien qu’il n’y ait rien à redire d’un repas élégant dans un restaurant classé Michelin, comme The Cliff House, je n’ai jamais été plus heureux que d’être assis, seau de crevettes au beurre ailé bien chaudes en main. Se lécher les doigts est optionnel, mais comment y résister !
Images
Je pense parfois qu’un être suprême connaît la date de l’arrivée à Waterford de la course des grands voiliers. Pourquoi ? Parce que ces 4 jours de navires en visite baignent dans un type de Soleil auquel on serait en droit de s’attendre si l’on voguait en compagnie du capitaine Bligh sur les mers du sud. Pendant la journée, avec des amis, nous faisons le tour des marchés et des étals (les jeunes sont très enthousiasmés par la frappe de leurs propres pièces cette année), en dansant dans la foule sur les airs qui se jouent sur scène, pendant que le Soleil réchauffe l’eau de la mer et de me donne le plus beau hâle de tous les agriculteurs de la ville. Mais en réalité, c’est le soir, que la magie a lieu. Le Soleil se transforme en or noir et s’évapore à l’horizon, et c’est alors que la Lune prend la relève pour éclairer les coques et les mâts imposants des navires qui ont l’air de s’échapper d’un livre de comptines. Puis, comme si tout cela ne suffisait pas, le ciel éclate de feux d’artifice multicolores, et nous restons tous là bouche bée, le visage éclairé par des traînées de vert, de rose et de rouge.
J’aimerais pouvoir dire que nous rentrons sans pouvoir nous arrêter de parler de ce nous venons de voir, à gesticuler et à imiter les bruits et les pétarades des feux d’artifices. Mais, c’est le contraire, nous restons totalement silencieux, chacun d’entre nous ajoutant les images, les goûts et les sons à nos réserves personnelles de souvenirs estivaux. Le 30 juin quand les grands voiliers arriveront en ville, je serai prêt à refaire le plein de ces souvenirs et je serais ravi que vous veniez faire de même.


