L’Irlande : surnaturel et superstitions
Comme chacun le sait, l’Irlande ce n’est que des lutins gambadant dans des prairies de trèfles à quatre feuilles, sur les cercles de fées, et que des nuits étoilées pullulant de « púca » et de « banshee »… Vous n’y croyez pas ? Pourtant, je vous assure que ce genre de choses n’est pas que l’apanage des livres pour enfants.
Les mythes, légendes et superstitions de l’Irlande sont l’héritage d’une riche tradition orale. Les raconter et les re-raconter et en revisiter les lieux est tout aussi passionnant que distrayant. Brit McGinnis les a méticuleusement épluchés afin de ne garder que l’essentiel pour vous guider lors de votre périple dans le monde du surnaturel et des superstitions de l’Irlande, ou encore tout simplement dans ce super pays !
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Faites un voeu à Glendalough... "on souhaiterait juste y être"
Le puits aux voeux
Vous êtes de ceux qui font systématiquement un voeu lorsque vous soufflez vos bougies d’anniversaire ? Bonne nouvelle pour vous ! Bien avant l’invention des bougies d’anniversaire, nos ancêtres avaient déjà créé des lieux où l’on pouvait faire des voeux. Il suffit de respecter un certain rituel et pouf ! En un clin d’oeil, votre voeu est exhaucé. Première halte conseillée : la pierre Mottee. Faites-en le tour trois fois sans penser une seule fois à une chèvre, un voeu vous sera alors accordé ! A Glendalough, on serre une croix dans ses bras, puis on fait son voeu.
La reine Maeve était la fameuse reine mythique du Connacht ; ennemie (et ex-épouse) du roi de l’Ulster, elle est l’héroïne de la célèbre légende de Táin Bó Cúailnge, alias « le raid du bétail de Cooley». Sa tombe, au sommet de Knocknarea, est associée à toutes sortes de superstitions. Il est dit que, si l’on se munit d’une pierre et qu’on la laisse au sommet de la butte, c’est la reine elle-même qui vous octroiera le don de la chance. Ayez l’audace de soustraire une pierre de la butte, et vous serez affligé de malchance tout au long du chemin du retour …
Pouvoirs surnaturels
D’ailleurs, ce fabuleux paysage irlandais, celui qui vous oblige à vous garer en bordure de route et à saisir votre appareil photo pour capturer les rayons du soleil qui pointent à travers les nuages vers le lac ? Eh bien, selon certains mythes, ce paysage a plus d’un tour dans son sac !

Poisson signifie connaissance là bas !
S’étant endormi dans un cercle de fées, Turlough O’Carolan, harpiste irlandais légendaire (auquel le festival de harpe O’Carolan doit son nom), se réveilla avec le don de la musique que les fées lui avaient octroyé durant son sommeil. Quand même un peu mieux qu’un torticolis par lequel se solde généralement mon expérience du camping, n’est-ce pas ? N’oublions pas non plus le célèbre conte du « saumon de la connaissance » pêché dans la Boyne.
Ne vous évertuez malgré tout pas trop à le dénicher ! Héros de légendes irlandaises, Finn Mac Cool en aurait déjà fait son festin il y a plusieurs centaines d’années, et acquis une grande sagesse par la même occasion.
Errant dans la nature, Finn tombe sur un vieux pêcheur en quête de sagesse et donc du « saumon de la connaissance ». Lorsque Finn offre de faire sa vaisselle, le saumon apparaît au crochet du pêcheur. Finn met alors le saumon sur le feu pour son nouvel ami, mais quand une éclaboussure d’huile de poisson lui brûle le doigt, instinctivement il se l’enfourne dans la bouche pour apaiser la douleur, et c’est ainsi que lui est inculquée instantanément toute la sagesse du saumon. Quelle histoire ! On finit par l’absoudre, enfin presque, Finn Mac Cool devient alors le fameux guerrier qui finira, entre autres choses, par construire la Chaussée des Géants !
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Embrassez la pierre pour obtenir le don de l'éloquence
Embrasser la pierre de Blarney est, à n’en pas douter, la méthode irlandaise par excellence, pour extraire des pouvoirs surnaturels de la terre et, dans ce cas précis, le don de l’éloquence. Les origines de cette pierre magique sont plutôt vagues ; il est dit qu’une déesse de la mythologie celtique en aurait fait cadeau à l’architecte du château de Blarney par une déesse celte, ou encore que cette pierre aurait servi d’oreiller à saint Columba sur son lit de mort.
Au fil des ans, des millions de personnes ont tendu les lèvres, tête dans le vide, pour embrasser cette pierre magique, y compris Mick Jagger, Billy Connolly, et Winston Churchill. En 1904, elle fit l’objet d’un court-métrage intitulé The European Rest Cure (la cure de repos européenne) et compta parmi les stars de la comédie musicale de 1949 intitulée Top o’ the Morning. La pierre reste l’une des attractions les plus emblématiques de l’Irlande et, si vous osez douter des pouvoirs de ce don de l’éloquence, jugez plutôt par vous-même cette « preuve » incontestable extraite du blog consacré à Blarney :
Laurel et Hardy ont fait la visite de Blarney au début du XXe siècle. Pas étonnant qu’ils aient compté parmi les rares vedettes à avoir réussi à faire la transition du cinéma muet au cinéma parlant. Ils avaient embrassé notre pierre !

voici un cliché de fée... très rare !
Poussière de fées …
Chaparder leurs effets aux humains, octroyer des bienfaits, se cacher dans les arbres ; on incrimine le petit monde des fées, lutins et compagnie, de bien des choses. C’est sûrement de là qu’est ancrée la vénération pour les cercles de fées qu’aujourd’hui encore personne ne vient déranger de crainte de s’attirer leur colère. La même chose vaut pour l’aubépine, passerelle qu’empruntent les fées pour se rendre dans l’au-delà . On a même entièrement détourné toute une autoroute juste pour éviter de raser une aubépine ! Les glens d’Antrim sont particulièrement remarquables pour leur dévouement constant à la fantasmagorie des fées, en effet il n’est pas rare de voir au pub de vieux messieurs laisser un fond de leur pinte aux fées.
Le púca
Le púca est la créature la plus malfaisante du folklore irlandais, notamment parce que c’est un changelin. Le púca prend diverses formes dans diverses parties de l’Irlande. Demandez donc à un habitant du Comté de Down, s’il a déjà vu un viel homme espiègle qui traîne dans les parages. A Waterford, un aigle d’une grandeur inhabituelle ne fait-il pas parfois son apparition ? Mais la forme de prédilection du púca, c’est bel et bien le cheval noir aux yeux dorés. Ne vous faites malgré tout pas trop de souci, les púca sont généralement assez sympathiques envers les humains !

Des púca déguisés en statue à Powerscourt?
La banshee
Il n’est peu de cris plus redoutés que celui de la banshee. Jadis, entendre son cri la nuit signifiait le décès imminent de l’un des membres de votre famille, elle essayait de vous avertir, en douceur parait-il ! La dernière fois où l’on a dit avoir vu une banshee, c’était à l’extérieur de l’église de Saint Columba, dans le comté Derry, dans les années 1940, il y a de cela quelques 70 ans. Donc plus rien à craindre ! Pas vrai ?
Vous avez donc de quoi faire : des lieux enchantés, des créatures magiques et même des endroits où tous vos voeux seront exhaucés. En Irlande, il y a tant de magie dans l’air que l’on voit mal comment y échapper. On vous aura prévenus !
Je suis très cartesienne et pourtant mon voyage dans le sud de l’Irlande m’a fait vivre une aventure peu banale. Profondément endormie dans une jolie chambre d’un relais et chateau, douillet et apaisant, je suis réveillée par des chants. J’ouvre un oeil, et autour de mon lit j’aperçois les silhouettes de femmes, habillées de manière paysanne, groupées en fer à cheval autour de mon lit et qui chantaient. Je n’ais pas eu peur, seulement surprise. Par contre quelques minutes, peu à peu, mon corps s’est soulevé et je me suis retrouvée à 1m au dessus de mon lit, regardant mon époux dormir en dessous. Là , je vous assure avoir eu la peur de ma vie…. je ne pouvais ni crier ni bouger un doigt. Puis mon corps est redescendu et tout est rentré dans l’ordre.
Le lendemain matin, mon époux s’est moqué de moi au récit de cette aventure et m’a dit que j’avais revé.
Le pire est que cette aventure lui est arrivé, exactement à l’identique, la nuit suivante.
Il ne riait plus du tout le lendemain.
Je vous assure que nous etions bien reveillés lors de ces chants.
Mais bon, cela doit faire partie des intrigues irlandaises dont je reste une inconditionnelle.
Cordialement.
Je suis une fée qui a vécu en Irlande il y a quelques décennies …
C’est super ces expériences. J’aimerais bien vivre des choses insolites comme celles là .
Bonjour Marie Rose,
merci pour votre commentaire ! Et qui sait, peut-être nous raconterez-vous un de ces jours, vous aussi, une expérience de ce genre ?
Bon week-end en tous cas !
Le Tourisme Irlandais
[...] Au mois d’octobre, les habitants des lieux les plus reculés de l’Irlande rurale se hâtent de rentrer chez eux avant la tombée de la nuit, car c’est alors que le terrible dullahan arpente la lande. Vieux mot gaélique, « dullahan » se traduit approximativement par « homme des ténèbres ». Le dullahan est une allégorie de la mort, tout comme l’est la banshee. [...]