Rock stars irlandaises – partie 2 : pirates et guitar heroes
Et c’est parti pour une nouvelle aventure avec les rock stars irlandaises ! Aujourd’hui, on reprend une bouchée de rock & roll, une leçon magistrale de guitare et même une tournée avec les Irlandais les plus célèbres du monde.
Premier arrêt : Belfast et ses quartiers Est.
Gary Moore, le guitar hero
Une étoile brillante au firmament du rock s’est éteinte l’an dernier lorsqu’est mort Gary Moore (1952-2011), guitariste de légende. Sa musique (et quelle musique !) et son influence n’en sont pas moins vivantes aujourd’hui. A la fois troubadour et blues man, Gary se joint à des groupes pendant un certain temps, s’en sépare, part faire carrière en solo, contribue à tel projet, est leader pour un autre, etc. On ne peut pas dire qu’il ait chômé en 40 ans de carrière !
Allez pour vous réveiller, je vous mets sa version du hit très « hot » de Jimi Hendrix, Foxey Lady:
En toute franchise qui n’a pas joué dans sa carrière avec Gary Moore, n’a pas acquis ses titres de noblesse. Tout le monde, de George Harrison, à BB King en passant par Phil Lynott, a joué avec Gary au fil des ans.
L’histoire de Gary commence dans les cités de l’est de Belfast, en 1952. Son père est promoteur de musique, autrement dit, chez les Moore, on aime le son. A l’âge de seize ans, Gary quitte le foyer familial pour rejoindre les lumières et les opportunités de la ville de Dublin.
La scène musicale de Dublin étant très soudée, Gary ne tarde pas à rencontrer une autre légende du rock, Phil Lynott (qui a aujourd’hui sa statue sur Harry Street), et à former un groupe avec lui. Le groupe s’appelle Skid Row, le son arrache et les concerts sont explosifs.
Skid Row finit par se séparer et Gary rejoindra Lynott par la suite, en 1973, pour jouer avec Thin Lizzy (voilà le premier hit de Thin Lizzy, sans Gary Moore… La reprise de la chanson folk Whiskey in the Jar). Loup solitaire, il ne reste avec le groupe que pendant un an.
Gary mène sa carrière solo avec succès. Son morceau le plus connu est probablement Still Got the Blues for You.
Gary Moore restera à jamais gravé dans les mémoires comme un pur musicien. A Belfast, on estime qu’il compte parmi les principaux talents de la ville, comme nous le rappelle la visite organisée par le Belfast Music Tour.
Shane MacGowan : une vie rock and roll
Pirate, poète et icône de la musique. Shane McGowan a joué avec Nick Cave, Joe Strummer des Clash (voilà une version « St-Patrick » de London Calling), Pete Doherty, Johnny Depp et Paloma Faith, mais avant tout, on le connait car il est le chanteur des Pogues.
MacGowan, né le jour de Noël 1957, passe sa petite enfance à la campagne dans le comté de Tipperary, mais sa famille part pour Londres à l’âge de 6 ans. Dans sa jeunesse, il traîne dans des concerts punks, et au milieu des années 1970, forme son premier groupe, The Nipple Erectors. Si les Nips (comme on les appelle alors) ne connaissent que peu de succès, les Pogues, quant à eux, font un triomphe.
Une anecdote croustillante: Shane MacGowan est devenu célèbre malgré lui. Lors d’un concert des Clash en 1976, une jeune femme le blesse à l’oreille avec un tesson de bouteille. Un photographe saisit l’instant, et la photo fait la une des journaux avec un titre à sensation… La légende punk est née !
En 1982, James Fearnley, Peter Stacy, Jem Finer et MacGowan forment le groupe Pogue Mahone, anglicisation effrontée tirée de l’irlandais póg mo thóin, (qui signifie « embrasse mon euh… derrière », pour rester poli !). En dépit de leur style rock-trad, une de leurs chansons restée la plus célèbre en Irlande est Fairytale of New York, enregistrée en 1987 avec la regrettée Kirsty MacColl.
C’est ainsi que naquit cet air incontournable à l’occasion des fêtes de fin d’année. A ce jour, ce morceau reste en tête du top de toutes les chansons de Noël en irlande. En 2006, MacGowan est intronisé au Panthéon du Rock, preuve que la nouvelle génération de rockeurs ne l’a pas oublié.
U2 ou les Irlandais stratosphériques
Le palmarès des rockeurs irlandais ne serait en aucun cas complet sans U2. Exportation la plus réussie de la ville de Dublin depuis qu’Arthur Guinness inventa la recette d’une certaine bière brune, U2 compte parmi les plus grands groupes du monde, ayant vendu plus de 150 millions d’albums.
Le groupe se forme en 1976 à l’école de Mount Temple, Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen n’étant alors qu’adolescents. Ils sont avant tout un groupe de Dublin, où ils se produisent pour leurs premiers concerts et 20 ans plus tard, pour donner certaines performances qui comptent parmi leurs plus impressionnantes.
Demandez à la plupart des Irlandais où ils ont assisté à leur premier concert, la réponse est presque immanquablement The Point. Le Point Depot de Dublin (aujourd’hui rebaptisé The O2) est un lieu privilégié pour les concerts en Irlande. En 1989 et 1990, U2 y joua pour la Saint Sylvestre, ce lieu étant aussi la salle figurant dans le film Rattle and Hum.
Leur vidéo Sweetest Thing est une ode à la ville. C’est dans cette vidéo que Bono, ayant oublié l’anniversaire de sa femme Ali, lui présente ses excuses. Il l’emmène faire un tour en calèche le long de Fitzwilliam Place, Upper Fitzwilliam Street et Fitzwilliam Square, tandis que divers artistes font leur apparition çà et là . Si vous faites bien attention, vous y apercevrez la troupe de Riverdance, Boyzone, le boxeur Steve Collins, la fanfare des Artane Boys, et des strip-teaseurs (ne soyez pas dupe – nos pompiers ne sont pas vraiment comme ça !). Ils ont également filmé la vidéo pour la chanson A Celebration dans la prison de Kilmainham.
Aujourd’hui, ils sont multi-propriétaires dans la ville. Bono et The Edge possèdent le Clarence Hotel dans le quartier de Temple Bar, et le studio d’enregistrement de Windmill Lane a été surnommé « studio U2 ». Ils ont même officiellement reçu la distinction appelée Freedom of the City of Dublin, titre qui inclut le droit ancien de faire pâturer des moutons sur un terrain communal, ce que Bono s’est empressé de réellement faire, en promenant un agneau dans le parc de St Stephen’s Green.
Les fans de U2 de passage à Dublin doivent absolument consulter l’incontournable carte des coins associés à U2 dans Dublin, qui indique notamment le magasin Bonovox d’où vient le surnom d’un certain membre, devons-nous vraiment dire lequel ?
Aujourd’hui, une nouvelle génération d’âmes vaillantes fait bouger le monde de la musique et parler d’elle. De nouveaux groupes tels que The Funeral Suits, The Minutes et The Republic of Loose ont repris le flambeau !
Pour une si petite île, avouez qu’on fait plutôt pas mal de bruit, non ?
Vous avez raté la partie 1 ? Retrouvez Van Morrison, Rory Gallagher et Phil Lynott, dans la première partie de notre blog sur les stars du rock en Irlande !
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[...] l’enthousiasme que suscitent les festivités qui approchent. Oui, ils nous arrive parfois de chanter en écoutant Shane MacGowan, à l’approche de Noël, mais c’est parce que nous sommes Irlandais ! Et il faut avouer [...]